Tout l’internet, résumé.

Depuis la nuit des temps, l’être humain a pour occupation principale d’étaler de la merde sur les murs de sa vie. Cela ne pose en soi aucun problème.
Pourtant, avec l’apparition d’internet, une nouvelle capacité, jusque là réservée aux dictateurs, rois, hommes d’influence ou femmes mariées, fut donnée au commun des mortels: le pouvoir d’étaler sa merde sur les murs des autres (et je sais de quoi je parle, étant moi même un ex-malfrat du graffiti débile et un misanthrope cliniquement con).
Alors pourquoi aborder ce sujet ? Tout simplement parce que j’ai la haine (comme tous les jours), et qu’un sujet exutoire ici passera probablement inaperçu entre deux blogs photos sponsorisés par Louis Braille et les récits abscons de premières expériences de puceaux émotifs et donc moites du slip.
Comprenez moi bien: je vous hais, mais ce n’est pas ma faute. C’est la votre ! C’est vous les cons ! Vous les abrutis dans le métro qui vous entassez sur les portières histoire de faire chier le monde, vous les twitteurs qui cherchent à préciser leur localisation géographique toutes les deux secondes histoire que jamais votre maman ne s’inquiète, vous qui bardez vos profils facebook de comptes à rebours tronqués et vides de sens, et vous qui vous sentez obligés d’inonder le net de sujets qui à peine publiés sont déjà obsolètes, vous qui allez à la première occasion venue vous exprimer avec la maladresse d’un singe Bonobo sans justifier la moindre chose, refusant ainsi de participer à un discours construit, qui est pourtant le ciment de toute civilisation.
Bref, c’est vous qui inondez le monde d’une merde vide de sens et anodine jusqu’à en étouffer. Puis, grisés, intoxiqués par les vapeurs de tant de pets d’esprits, vous endormez mollement dans le brouhaha de la connerie auquel vous avez participé. Parfois, ouvrant un œil, vous cliquez sur “+1″, partagez une video à laquelle vous n’avez strictement rien compris, commentée d’un lapidaire “WTF?!” ou videz l’intégralité des 12000 photos de vos vacances en camping-car pour les déverser sur flicker ou les présenter en diaporama dans une video jouant les accords recyclés de cette grosse merde de Maroon 5.
Comprenez une chose: si les masses sont à ce point haïssables, c’est qu’on participe à leurs détestables habitudes, au moindre laisser aller, à la moindre faiblesse. Chaque petit travers qu’on effectue à un instant précis s’en va directement rejoindre le gigantesque réquisitoire contre l’humanité que sont “les conneries faites par les autres”. Chaque négligence, chaque faiblesse, participe à renforcer l’impression qu’ont les gens que les autres sont de fieffés connards.
Je vous hais, donc, mais à ma décharge: vous le faites exprès.
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